• Langue : Français

  • Dates de représentation : Le 18 octobre 2016
  • Durée : 50 min + débat avec la salle
  • Horaires : 20h30
  • Salle :

Résumé

Un poème épique sur le destin des migrants écrit par Lancelot Hamelin
Mis en voix par Magali Bonat
Avec les élèves du Conservatoire de Lyon

Petite forme théâtrale suivie de la projection d'un film et d'un débat

Cette petite forme théâtrale a été créée en novembre 2015 à l'occasion du Festival Sens interdits à Lyon sous chapiteau au Théâtre des Célestins et au CHRD (Centre de l'Histoire de la Résistance et de la Déportation). Elle a fait l'objet d'une reprise au printemps 2016, au Théâtre de la Croix-Rousse, au CHRD à nouveau et dans des lycées de la Métropole de Lyon suite au voyage à Calais et Grande-Synthe.

Vraiment un homme à Sangatte, est un texte que j'ai écrit en 2002, à l'époque les migrants s'entassaient à Sangatte, petit village près de Calais. Les habitants de Sangatte étaient autant désemparés que les migrants par cette situation asymétrique et pourtant mise en miroir du sédentaire face à l'errant. La situation était déjà catastrophique.
On était au le demain du 11/09 et le monde se préparait à subir la grande restructuration qu'on a vue au moyen orient, la grande déstructuration qui nous mène au chaos d'aujourd'hui, de demain, à ce changement de paradigme dans lequel nous sommes entrés. Ni choc des civilisations, ni déclin de l'occident, nous entrons dans une ère où ce que Bruce Chatwin appelait la "magie noire de la technologie" va s'accélérer en une spirale autodestructrice, du point de vue sociétal autant qu'environnementale, car nous, les humains, ne serons jamais que des apprentis sorciers - en tous cas, nous avons mal à appréhender ce qui nous arrive, ce que le règne de l'électricité fait de nous, et les politiques semblent les plus désarmés et les moins enthousiastes, voire les plus réfractaires à s'adapter à la situation.
En tous cas, sans prendre autant de hauteur dans l'analyse, et sur un plan très concret, la terrible situation de nos pays, incapables de mettre en oeuvre une autre logique que celle du "petit navire", et la situation plus terrible encore des migrant, parce qu'immédiatement vitale pour ces hommes et ces femmes dont on découvre les visages et les corps depuis quelques semaines (du moins ceux qui n'avaient pas l'oeil assez ouvert, mais peut-on avoir l'oeil toujours ouvert, et sur tous les horizons, est-ce même souhaitable ?) la terrible situation qui fait de nous les acteurs d'un opéra qui se finira mal est une situation qui ne permet ni le doute ni le retrait, et pourtant l'Europe est hantée par le spectre de l'impuissance.
Cliquer ou ne pas cliquer, se demande le héros européen...
C'est notre conception de l'agir qui est en cause, plus que notre incapacité réelle, comme l'a montré Benassayag dans La Fragilité par exemple.
Le spectacle que nous avions créés en 2002, avec les amis, et le texte qui en témoigne, n'a servi "à rien", (et qui aurait cru qu'il servît à quoi que ce soit?), il a juste gentiment fracassé pas mal de nos petites vies...
Pourtant cette prise de relais des mêmes mots par la bande de Magali Bonat, les jeunes comédiens du conservatoire de Lyon, représente pour moi une bouffée d'O2 au milieu de la suffocation - ça ne servira "à rien" non plus, aux yeux de ceux qui ne voient que les mouvements du décor sans sentir qu'il se passe quelque chose dans les cellules même du réel, et qu'un échange de regard suffit parfois pour donner sens à une vie, pousser aux actes, à la mise en mouvement voire à la métamorphose.
(...)
Oui, je fais du théâtre, j'écris des fictions, je vois des spectacles, c'est ce que j'appelle "ramer pendant ce temps le radeau coule". N'y a-t-il qu'une alternative : manger ou ne pas manger mon semblable.

Lancelot Hamelin, 21 octobre 2015

Suite à notre voyage à Calais à la rencontre des migrants et des bénévoles encadrant les camps de la jungle et de Grande-Synthe, nous pensons absolument nécessaire de continuer à porter ce poème et à témoigner de ce que nous avons vu et partagé.
Nous souhaitons continuer à représenter la petite forme théâtrale en tous lieux, avec à l'appui la projection du film pour ouvrir sur un débat.
Nous pouvons jouer partout puisque il n'y a aucune contrainte technique (juste un vidéoprojecteur pour le film).
Le désengagement de notre pays sur la question des exilés de Calais est une honte, nous ne pouvons fermer les yeux ni nous taire !
Il est urgent, au nom de nos valeurs communes d'asile, de réveiller les consciences et de se demander réellement « Qu'est ce qu'on fait, à présent, ensemble ? »

Magali Bonat et l'équipe artistique

« Il faut venir voir ce qui se passe à Calais et dans sa région. Voir de ses yeux. C'est simple de venir. Tout y est ouvert. Ce qui se passe dans les camps de Calais et sa région n'a rien à voir avec ce qu'ont lit et entend dans les médias. D'abord, c'est l'histoire qui se fait, et l'avenir qui prend racine. Ensuite, dans les tragédies, ce sont des exemples de courage et d'humanité. Et enfin, dans la solidarité qui se met en mouvement, c'est l'exercice de notre dignité de peuple libre. Il faut venir aider, apporter ce qu'on a à apporter, mettre la main à la pâte, sinon on aura honte de ce qu'on n'a pas fait, de n'avoir pas su. »

Lancelot Hamelin, 22 avril 2016


Distribution

Avec les élèves comédiens - Émile Bailly, Laure Barida, Marine Béhar, Romain Blanchard, Johan Boutin, Pauline Drach, Élodie Guibert, Noémie Kirscher, Antoine Mazauric, Savannah Rol, Mathilde Saillant, Cécilia Thollon, Maxime Ubaud et les élèves instrumentistes - Laura Brouel à l'alto, Alexy Roche à la flûte, Franck Éparvier au trombone, encadrés par Véronique Boige
Film réalisé par Lucas Palen et Arnold Zeilig

Ressources du spectacle

Toutes les ressources