Résumé
Un vagabond soliloque sur les épisodes de sa vie, la mort de son père, son exil force de la maison familiale, ses promenades dans les cimetières pour échapper aux vivants, son refuge dans une étable et sa rencontre avec Lulu ? une femme extrêmement tenace ?, son premier et unique amour. Seul en scène, vêtu d'un vieux
pardessus, une besace en bandoulière et avec deux bancs pour seul décor, Sami Frey s'en empare en virtuose. Avec une précision d'orfèvre, il interprète ce texte doux-amer, terriblement drôle et cruel à la fois, avec ses abimes et ses suspensions.
LA PRESSE EN PARLE
On se sent presque en tête-à-tête avec lui. Un immense comédien [...]. Un des derniers mythes même. Sami Frey vient d'avoir 75 ans, et on ne peut s'empêcher de songer tout de suite à César et Rosalie, il y a 40 ans déjà, quand il se battait avec Yves Montand pour le coeur de Romy Schneider.
Mais là, [...], il est plus que seul, avec son imper, son petit sac à dos, sa longue silhouette hiératique et Premier amour, un texte de Samuel Beckett. Presque la seule fois, d'ailleurs, où le Prix Nobel 1969, si ardu, si dur, laisse parler son coeur. Non qu'il fasse du sentiment. La fille de Premier amour, qu'on ne voit pas, n'a rien d'une vierge effarouchée, et ce vagabond qui erre sur les bancs publics préfère manger des bananes dans un cimetière plutôt que conter fleurette. Sami Frey respire à la perfection l'humour noir inimitable de Beckett.
Le Parisien - nov 2012