Résumé

En 2000, une trilogie Tchekhov apportait à Éric Lacascade une reconnaissance unanime. Le metteur en scène nous fait à présent redécouvrir un autre grand dramaturge russe. Dans Les Barbares de Maxime Gorki, deux ingénieurs arrivent pour installer le chemin de fer à Verkhopolié, lointaine province oubliée par le progrès. Dans le vase-clos de Verkhopolié, cette lucarne ouverte sur le fantasme d'une autre vie bouleverse l'équilibre du village. Inconscients et sans vergogne, les deux intrus font voler en éclat la paix sociale : trahison, abus de pouvoir, humiliations, asservissements, convoitises. Tout y passe dans le désordre d'une mécanique emballée. Expert en désillusion, Gorki fait ici preuve d'une sensibilité exacerbée. Sa pièce possède à la fois le souffle, la précision, la violence et la mélancolie. Dans un espace d'une radicale beauté, le langage des corps autant que celui des mots donnent au monde des Barbares sa cruauté hypnotique. Dans le climat de cette grande pièce crépusculaire, le mystère de son titre plane jusqu'au bout. Qui sont les barbares : la petite société de Verkhopolié ? Ou ces étrangers venus promettre des jours meilleurs ?


Directeur de théâtre

Claudia Stavisky

Patrick Penot